Nutri‑Score : comprendre l’outil, ses limites et son évolution

Nutri‑Score : comprendre son fonctionnement, ses limites et sa nouvelle version 2024 pour mieux choisir ses produits au quotidien.
article nutriscore : les nouveaux calculs, effets sur les aliments

Un repère nutritionnel utile… mais désormais mieux ajusté

Créé en 2016 par Santé publique France, le Nutri‑Score est un logo nutritionnel destiné à aider les consommateurs à repérer, en un coup d’œil, la qualité nutritionnelle d’un produit. Il classe les aliments du A (vert foncé) au E (rouge), sur la base d’un calcul prenant en compte :

  • les nutriments à limiter (calories, sucres, sel, graisses saturées),
  • les éléments à favoriser (fibres, protéines, fruits/légumes/légumineuses, huiles de qualité).

Depuis son lancement, le Nutri‑Score est facultatif, mais de plus en plus de marques l’affichent. Et surtout : il a été révisé en 2023–2024, pour mieux refléter les recommandations nutritionnelles actuelles.

Pourquoi une révision du Nutri‑Score ?

Les premières années d’utilisation ont mis en évidence plusieurs limites :

1. Certains produits obtenaient un bon score… sans être de bons choix

Exemples :

  • frites surgelées B,
  • cordons bleus C,
  • céréales très sucrées B,
  • poissons panés B,
  • pizzas industrielles B.

Le score ne prenait pas en compte :

  • la qualité des graisses,
  • la qualité des sucres,
  • la portion réellement consommée,
  • le degré de transformation (ultra‑transformés),
  • le mode de préparation (ex : ajout d’huile).

2. Les boissons étaient mal classées

Certaines boissons sucrées obtenaient un score trop favorable par rapport à l’eau ou aux boissons non sucrées.

3. Les poissons gras étaient pénalisés

Le saumon ou les sardines, riches en oméga‑3, pouvaient être classés moins bien que des produits transformés.

> D’où la révision du Nutri‑Score, validée par Santé publique France et les pays partenaires (France, Belgique, Espagne, Allemagne, Luxembourg, Pays‑Bas, Suisse).

Ce qui a changé dans le Nutri‑Score (mise à jour 2023–2024)

  • Les produits sucrés sont désormais plus sévèrement notés : Les céréales du petit déjeuner, biscuits, desserts lactés sucrés voient leur score baisser.
  • Les poissons gras sont mieux valorisés : Saumon, maquereau, sardines → meilleure note, car leurs graisses sont de bonne qualité.
  • Les produits salés et gras sont davantage pénalisés : Charcuteries, plats préparés, pizzas, quiches → scores plus bas.
  • Les boissons ont un nouveau barème :
    • Eau : A
    • Boissons édulcorées : C ou D
    • Boissons sucrées : D ou E
    • Jus de fruits : C ou D (car riches en sucres libres)
  • Les produits végétaux sont mieux distingués : Les légumineuses, fruits secs, oléagineux sont mieux valorisés.

OBJECTIF : aligner le Nutri‑Score sur les recommandations du PNNS et de l’OMS.

Ce que le Nutri‑Score ne mesure toujours pas

Malgré les améliorations, certaines limites persistent :

Le Nutri‑Score ne prend pas en compte :

  • le degré de transformation (NOVA),
  • les additifs,
  • la qualité des ingrédients,
  • la portion réellement consommée,
  • le mode de cuisson (ex : frites au four vs frites à la friteuse),
  • l’impact environnemental.

Un produit A peut être ultra‑transformé. Un produit C peut être très sain (ex : huile d’olive, fromage).

C’est pourquoi le Nutri‑Score doit être utilisé comme un repère, pas comme un critère unique.

Le Nutri‑Score : utile, mais à utiliser avec discernement

Ce qu’il fait bien

  • Aide à comparer des produits d’une même catégorie.
  • Encourage les industriels à réduire le sel, le sucre, les graisses saturées.
  • Permet de repérer rapidement les produits très sucrés ou très salés.
  • Facilite les choix pour les personnes en situation de diabète, hypertension, surpoids.

Ce qu’il ne doit pas faire

  • Remplacer le bon sens.
  • Faire croire qu’un produit A est “sain” ou qu’un produit D est “à bannir”.
  • Faire oublier la notion de portion et de fréquence.

Comment bien utiliser le Nutri‑Score ?

  • Comparer au sein d’une même famille. Ex : yaourts entre eux, céréales entre elles, pizzas entre elles.
  • Regarder aussi la liste d’ingrédients. Moins il y en a, mieux c’est.
  • Favoriser les produits bruts. Fruits, légumes, légumineuses, poissons, viandes non transformées → pas de Nutri‑Score, mais ce sont les meilleurs choix.
  • Se méfier des produits “sans” : Sans gluten, sans sucre, hyper‑protéinés → souvent ultra‑transformés.

Le Nutri‑Score deviendra‑t‑il obligatoire ? La France et la Belgique poussent pour une obligation à l’échelle européenne. Mais certains pays (Italie, République tchèque) s’y opposent. En 2026, le Nutri‑Score n’est pas encore obligatoire, mais son adoption progresse.

À retenir

  • Le Nutri‑Score est un outil utile, mais pas parfait.
  • Il a été révisé pour mieux refléter les recommandations nutritionnelles.
  • Il ne remplace pas la lecture des ingrédients ni la notion de portion.
  • Il ne prend pas en compte les aliments ultra‑transformés.
  • Il aide à faire des choix plus éclairés… à condition de l’utiliser avec discernement.

N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez avoir une information plus complète sur la nutrition et les bons réflexes nutritionnels.

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